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Microsoft renonce à Yahoo … provisoirement

C’est la grosse info du week-end, Microsoft retire son offre d’achat sur Yahoo. Les spécialistes étaient encore nombreux la semaine dernière à parier sur une victoire de Microsoft. Finalement, les paroles de Steve Ballmer qui déclaraient que Microsoft était capable d’aller de l’avant tout seul n’étaient pas à prendre à la légère.

Il est curieux que Microsoft n’ait pas tenté d’OPA hostile sur Yahoo, en ayant largement les moyens financiers. Le management de Microsoft considère peut-être que son argent serait mieux dépensé en Recherche et Développement. Une autre hypothèse est que cet épisode a fait naître des possibilités d’alliance jusqu’alors insoupçonnées, notamment entre News Corp et Microsoft.

Le résultat immédiat est que le cours de bourse de Yahoo dévisse sévèrement, perdant son attractivité spéculative. Il sera intéressant de voir son évolution dans les semaines et les mois à venir car un affaiblissement de Yahoo pourrait remettre l’idée d’une OPA hostile au gout du jour, passé la période de carence suivant le retrait d’une offre.

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Le combat des titans

Avec l’offre d’achat de Microsoft sur Yahoo! c’est un combat brutal et sans merci qui s’annonce entre les deux géants de l’informatique que sont Microsoft et Google. J’ai pourtant eu l’occasion d’écrire sur ce blog que les rapports de force sont déjà bien établis entre les différents acteurs de la recherche en ligne, mais le contexte est dorénavant tout autre. La réaction affolée de Google sur leur blog officiel montre bien qu’ils ne prennent pas cet évènement à la légère. Et ils ont raison.

Certes, Google s’accapare 70 % des revenus publicitaires en ligne à l’échelle mondiale, pour autant, la fusion de Microsoft avec Yahoo! créerait le numéro un en terme d’audience, c’est-à-dire en nombre de pages vues. Le mariage du colosse avec la belle a donc de quoi inquiéter Google. La puissance de frappe de Microsoft conjuguée aux charmes des services signés Yahoo! serait bien capable de rebattre les cartes. Concrétisation de cette synergie, je ne serais pas surpris de voir Microsoft se lancer dans une grande campagne de marketing dès la fusion avec Yahoo! consommée, cela après avoir tout de même mis de l’ordre dans son portefeuille de marques.

Google a raison de s’inquiéter, mais en fin de compte, le combat qui s’annonce est plutôt décevant. La firme de Mountain View est le seul challenger de Microsoft digne de ce nom. En déplaçant le combat sur le front de la publicité en ligne, ce dernier essayes de faire blocus autour de Google en lui coupant les vivres. L’idée de Microsoft est de réagir avant que l’offre de service de Google n’atteigne suffisament de maturité pour pouvoir contrer son offre logicielle. En lui coupant le souffle, Microsoft pourrait obliger Google à se concentrer sur ses services rémunérateurs, laissant de côté sa politique d’innovation tous azimut qui fait son succès.

Jusqu’à présent, cette politique d’innovation ne s’est pas révélée vraiment payante. Il n’est sorti de ses laboratoires aucun service comparable aux liens sponsorisés en terme de revenus. Google est toujours à la recherche du modèle qui lui permettra de monnayer ses inventions. Le modèle publicitaire, bien qu’en croissance régulière, à ses limites, tandis que son offre Google Apps ne semblent pas avoir rencontré son public. Il manque à Google d’acquérir une stature dans le domaine professionel pour prendre pied dans les services aux entreprises.

Microsoft fait une offre de rachat sur Yahoo !

Ca y est !

La rumeur courait depuis un an, l’intérêt de Microsoft pour Yahoo est donc confirmé, et dans quel mesure ! L’offre s’élève à plus de 44 milliards de dollars d’après Techcrunch !

Cette annonce est un aveu d’impuissance à contrer la suprématie de Google sur le marché de la recherche et de la publicité en ligne.

Ce rachat sera aussi l’occasion pour Microsoft d’acquérir quelques pépites tel que Flickr ou Del.ico.us.

Les mystères de l’anonymat

La protection des données privées fait l’objet d’une certaine agitation ces derniers temps. Google, Yahoo, Microsoft, Ask, tous ont annoncé des mesures visant à protéger la vie privée en réduisant la durée de conservation des données. 18 mois pour l’un, 13 mois pour l’autre, les enchères sont ouvertes :p

Il est intéressant de se poser la question du pourquoi et du comment. L’un et l’autre sont liés selon moi. La question du comment amène à se demander quelles seront les modalités de la mise en oeuvre et dans quelle mesure notre vie privée sera réellement protégée à l’avenir. L’Union Européenne, à travers son organe exécutif, pose une question pertinente en se demandant si l’anonymat proposé par Google après un délai de carence de l’ordre de 1 à 2 ans sera effectivement irréversible. Autrement dit, la question est de savoir si les moteurs de recherche, pour l’instant il n’est encore question que d’eux, seront près à détruire des données pour préserver la vie privée de leur usagers.

En admettant que les moteurs de recherche consentent à ce sacrifice, se pose maintenant la question du pourquoi, question dont il dépend de la sincérité et donc la mise en oeuvre effective des annonces faites jusqu’à présent. La première réponse qui vient est que les moteurs de recherche veulent couper l’herbe sous le pied du législateur afin de prévenir la rédaction d’une loi allant à l’encontre de leurs intérêts. Nous pourrions nous contenter d’une telle réponse, mais à titre d’excercice intellectuel, je trouve intéressant d’approfondir le sujet.

Il y a bien matière à approndir car la réponse proposée en premier lieu conduit à se demander pourquoi les moteurs de recherche aurait si peur du législateur. Il n’est un secret pour personne s’interessant quelque peu à la politique que les entreprises privées, qui plus est des entreprises aussi puissantes et richement dotées que Microsoft ou Google, ont des leviers d’action grâce aux groupes de pression qui fourmillent dans les couloirs de toutes assemblées. Certes, de tels groupes de pression monayent leur service au prix fort, mais cela ne suffit pas à expliquer le soudain élan philanthropique qui anime le domaine de la protection des données privées.

A cela, je vois deux explications. En bon geek que vous êtes, le procès de Microsoft intenté par la Commission Européenne pour abus de position dominante en 2004 (rappelez-vous Real Player) ne vous a pas échappé. Eh bien, aussi loin que remonte le début de ce procès, celui-ci n’est toujours pas bouclé, et les amendes, sans parler des frais d’avocat et de lobbying, contre Microsoft continuent de courir. Microsoft a pu constater le caractère imperméable de la politique européenne. Cela suffit-il à expliquer le pourquoi de notre première question ? Je ne crois pas.

Alors viens la deuxième explication (en fait la troisième si vous avez une bonne mémoire :p ). Nous parlons de la mise en balance de l’intérêt général à la préservation de la vie privée d’une part, et d’autre part de ce qui motive l’existence même de toute entreprise, le profit. Ne voyez là aucune critique du capitalisme, je parle de profit en général, de gain si vous préférez, la monnaie n’étant au fond qu’une unité de mesure, discutable certes, mais c’est justement le principe de l’offre et de la demande que de laisser se faire la discussion. Bon, tout cela reste discutable :o) . Pour en revenir à notre réponse, si ce qui motive en premier lieu une entreprise est le profit et que lesdites entreprises cherchent à tout prix, quitte à lâcher un peu de lest, à préserver leur marge de manoeuvre, c’est que l’enjeu est considérable. Réduire le temps de conservation des données privées permettrait aux moteurs de recherche de feinter le législateur par une subtile manoeuvre de diversion visant à préserver l’essentiel, l’utilisation qui est faite de ces fameuses données, manoeuvre d’autant plus subtile que la rareté jouera en faveur de ceux qui en détiennent les clefs.

Je terminerai en disant que tout cela n’est rien d’autre qu’un exercice intellectuel, fort enrichissant vous en conviendrez :p