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Microsoft adopte les solutions RIA

Lors de la conférence PDC2008, Microsoft a présenté une version RIA de sa suite bureautique Office 14. Cette fois, l’éditeur de Redmond semble enfin décidé à adopter avec force conviction un nouveau modèle économique basé sur le service plutôt que sur le logiciel.

Il ne fait pas de doute que Microsoft rencontrera un certain succès dans son entreprise, mais il devra cette fois-ci affronter une concurrence déjà en ordre de bataille. Les solutions actuellement disponibles sont déjà très abouties pour certaines, je pense en particulier à Zoho. Mais il devra surtout affronter un concurrent de taille, j’ai nommé Google et sa suite Google Apps.

Malgré la similitude des offres de Google et Microsoft, il y a une différence majeure qui tient à la différence de la technologie employée. Microsoft se base sur la plateforme SilverLight, tandis que Google développe sa suite bureautique entièrement en JavaScript. Microsoft part donc avec un avantage majeur, car la plateforme SilverLight, bien que encore jeune, est une plateforme propriétaire dont il conserve la maîtrise d’ouvrage, avec une totale liberté de développement. Tandis que Google fait appel à une technologie certes standard, mais figée dans son évolution. Le triptyque HTML, CSS et JavaScript fait merveille, mais le protocol de standardisation est un frein à l’innovation. On ne fait pas évoluer un standard universel avec la même agilité qu’une technologie propriétaire.

A moins d’un changement de stratégie de la part de Google, il faut croire que Microsoft part avec un avantage certain dans la bataille des suites bureautiques en ligne.

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Microsoft s’oriente doucement vers un changement de modèle économique

Jusqu’à présent, les logiciels étaient considérés comme un bien, et à ce titre devait être acquis à l’achat. Mais l’arrivée du modèle SaaS, Software as a Service, a bouleversé la donne. Dans ce modèle, un logiciel est considéré comme un service, et comme tout service, peut faire l’objet d’une abonnement.

Plutôt que de modifier l’architecture de ses logiciels, Microsoft s’adapte à la concurrence naissante des offres SaaS en épousant leur modèle économique basé sur la location de service.

Microsoft renonce à Yahoo … provisoirement

C’est la grosse info du week-end, Microsoft retire son offre d’achat sur Yahoo. Les spécialistes étaient encore nombreux la semaine dernière à parier sur une victoire de Microsoft. Finalement, les paroles de Steve Ballmer qui déclaraient que Microsoft était capable d’aller de l’avant tout seul n’étaient pas à prendre à la légère.

Il est curieux que Microsoft n’ait pas tenté d’OPA hostile sur Yahoo, en ayant largement les moyens financiers. Le management de Microsoft considère peut-être que son argent serait mieux dépensé en Recherche et Développement. Une autre hypothèse est que cet épisode a fait naître des possibilités d’alliance jusqu’alors insoupçonnées, notamment entre News Corp et Microsoft.

Le résultat immédiat est que le cours de bourse de Yahoo dévisse sévèrement, perdant son attractivité spéculative. Il sera intéressant de voir son évolution dans les semaines et les mois à venir car un affaiblissement de Yahoo pourrait remettre l’idée d’une OPA hostile au gout du jour, passé la période de carence suivant le retrait d’une offre.

Microsoft travaille sur un service de synchronisation

Microsoft travaille sur le service Mesh qui est un service de synchronisation de fichiers. Ce service permettra à terme de partager des fichiers entre différents terminaux (pc, portable, etc…). Microsoft nous livre là sa vision du modèle S+S (Software+Service), en opposition au modèle SaaS. Dans le cas de Mesh, celui-ci propose uniquement un service de synchronisation de fichiers qui, pour être lus, nécessitera la présence du logiciel idoine (Word, Excell, etc…) sur chaque terminal. Tandis que dans le modèle SaaS, les fichiers, en plus d’être stockés on the cloud, peuvent être consultés directement à travers le navigateur, l’utilisateur n’a besoin d’aucun autre logiciel. C’est le cas par exemple de la suite Google Apps.

Le modèle S+S a été pensé pour préserver le modèle économique de l’informatique de bureau sur lequel Microsoft a bâti sa fortune. Jusqu’à présent, Microsoft s’est révélé incapable de vendre du service, toutes ses tentative en la matière ont plus ou moins échoué, qu’il s’agisse de son portail Live ou de sa régie publicitaire APS. La lutte entre Microsoft et Google se traduit par l’opposition de deux modèles économiques, l’un basé sur la rente offerte par une situation monopolistique, l’autre en quête de reconnaissance et sachant montrer l’agilité qui caractérise la position d’outsider.

OOXML a été validé par l’ISO

Après de nombreux rebondissements et un lobbying acharné de la part de Microsoft, le format bureautique OOXML a finalement été validé par l’ISO à l’instar de son concurrent ODF. L’industrie se retrouve donc maintenant avec deux formats bureautiques standards.

Il se pourrait bien que la guerre des formats soit complètement dépassée par le phénomène SaaS. Le mouvement suivi actuellement par l’informatique va vers une dématérialisation de l’information. Jusqu’à présent la notion d’information était rattachée à la notion de fichier. Maintenant, avec des services tels que Google Docs, celle-ci peut-être éditée et stockée directement en ligne. Les fonctions de publication ne sont pas toujours disponible mais le mouvement est en marche. Avec un service d’édition et de publication en ligne tel que le propose un wiki, le format dans lequel est stocké un document n’a plus aucune importance, c’est le service en ligne garantie l’accessibilité à l’information.

Comment Google est devenu un concurrent de Microsoft ?

Amazon, eBay, et bien d’autres, les exemples ne manquent pas de sociétés qui fleurissent dans la plus grande indifférence de Microsoft. Alors, comment Google, à l’origine une startup tout à fait ordinaire, est devenu la bête noire de Steve Ballmer ?

Lorsque Larry Page et Sergey Brin travaillaient sur leur sujet de thèse à l’université de Stanford, il est vraisemblable qu’ils n’avaient pas d’autre ambition que de concevoir un simple moteur de recherche. Leur concurrent de l’époque s’appelait alors AltaVista et non Microsoft. Le génie des fondateurs de Google a été de décrocher un accord commercial avec Yahoo! pour la fourniture du service de recherche en ligne. Cet accord n’est pas sans rappeler celui qu’une autre startup des années 80 signait avec le géant informatique de l’époque qu’était IBM, j’ai nommé Microsoft.

Dans les années 90, la recherche en ligne était perçu comme un service secondaire car il n’apportait aucune rente. Le modèle dominant était celui du portail. Figure emblèmatique de cette époque, Yahoo! n’a rien inventé, il s’est contenté de retransposer sur le net le modèle économique des médias traditionnels, à savoir la vente d’espace publicitaire. Il faut attendre l’invention par Overture des liens sponsorisés pour que tout bascule. Google saura mieux que quiconque mettre à profit cette invention marketing pour en faire un véritable modèle économique. Dans le capharnaum qu’est devenu le Web à la fin des années 90, il devient en effet de plus en plus difficile de se faire connaître de sa clientèle. Pour la même raison, les moteurs de recherche sont devenus un service incontournable. L’alchimie qui est à l’origine du décollage de Google est un mélange de tout cela, combiné à la sobriété, la qualité et la rapidité du service.

Pendant ce temps, le Web a mûri et commence à proposer des services en ligne tel que la messagerie. L’avènement des webmails est un tournant dans l’histoire du Web. Jusqu’alors, le Web fournissait essentiellement du contenu, avec les webmail, il fournit un service. Le rachat de Hotmail par Microsoft est significatif de la révolution en cours. L’avènement des services en ligne font renaître avec force le mythe de l’informatique distribuée dans lequel les postes de travail ne seraient plus que de vulgaires terminaux d’accès au Web.

C’est dans ce climat que Google émerge comme un acteur de ce nouveau Web, constitué de services. La technologie a progressé et laisse entrevoir tout le potentiel du Web qui offre bientôt des services de toute sorte. La créativité des développeurs alliée au pouvoir d’attraction d’Internet confirme l’intuition que le Web est destiné à devenir bien plus qu’un média de masse. Les progrès réalisés en terme d’architecture, notamment avec le pattern AJAX, repoussent les frontières du possible jusqu’à venir gratter à la porte du monopole de Microsoft.

Google Earth, GMail, etc… Avec sa frénésie créative, Google est devenu une figure emblématique du nouveau Web. A ce titre il incarne ce que le Web a de prometteur en terme d’innovation. Microsoft a flairé ce potentiel et a tenté de suivre le mouvement en posant un pied dans les services tels que la messagerie ou la recherche. Mais il le fait presque à son corps défendant. Microsoft est le théâtre de l’affrontement entre le modèle de l’informatique de bureau et le modèle distribué des services en ligne. C’est parce que Google est un des acteurs majeurs de ce changement qu’il est devenu le principal challenger de Microsoft.

Le combat des titans

Avec l’offre d’achat de Microsoft sur Yahoo! c’est un combat brutal et sans merci qui s’annonce entre les deux géants de l’informatique que sont Microsoft et Google. J’ai pourtant eu l’occasion d’écrire sur ce blog que les rapports de force sont déjà bien établis entre les différents acteurs de la recherche en ligne, mais le contexte est dorénavant tout autre. La réaction affolée de Google sur leur blog officiel montre bien qu’ils ne prennent pas cet évènement à la légère. Et ils ont raison.

Certes, Google s’accapare 70 % des revenus publicitaires en ligne à l’échelle mondiale, pour autant, la fusion de Microsoft avec Yahoo! créerait le numéro un en terme d’audience, c’est-à-dire en nombre de pages vues. Le mariage du colosse avec la belle a donc de quoi inquiéter Google. La puissance de frappe de Microsoft conjuguée aux charmes des services signés Yahoo! serait bien capable de rebattre les cartes. Concrétisation de cette synergie, je ne serais pas surpris de voir Microsoft se lancer dans une grande campagne de marketing dès la fusion avec Yahoo! consommée, cela après avoir tout de même mis de l’ordre dans son portefeuille de marques.

Google a raison de s’inquiéter, mais en fin de compte, le combat qui s’annonce est plutôt décevant. La firme de Mountain View est le seul challenger de Microsoft digne de ce nom. En déplaçant le combat sur le front de la publicité en ligne, ce dernier essayes de faire blocus autour de Google en lui coupant les vivres. L’idée de Microsoft est de réagir avant que l’offre de service de Google n’atteigne suffisament de maturité pour pouvoir contrer son offre logicielle. En lui coupant le souffle, Microsoft pourrait obliger Google à se concentrer sur ses services rémunérateurs, laissant de côté sa politique d’innovation tous azimut qui fait son succès.

Jusqu’à présent, cette politique d’innovation ne s’est pas révélée vraiment payante. Il n’est sorti de ses laboratoires aucun service comparable aux liens sponsorisés en terme de revenus. Google est toujours à la recherche du modèle qui lui permettra de monnayer ses inventions. Le modèle publicitaire, bien qu’en croissance régulière, à ses limites, tandis que son offre Google Apps ne semblent pas avoir rencontré son public. Il manque à Google d’acquérir une stature dans le domaine professionel pour prendre pied dans les services aux entreprises.