Pourquoi la crise ?

Les économistes sont unanimes pour reconnaître que la crise actuelle est sans précédent depuis la crise de 1929. La Grande Dépression, voilà le seul référentiel qui permet de juger de la gravité de la crise actuelle. Les crises précédentes, par exemple celles de 1987 ou 1999, étaient des crises sectorielles ou localisées géographiquement. La crise actuelle a cela de grave qu’elle touche au système nerveux du capitalisme, la finance.

J’entends glousser les militants anti-libéraux qui voient là une concrétisation de leur prémonitions apocalyptiques sur les méfaits du capitalisme. Mais plutôt que de tirer sur l’ambulance, essayons de comprendre le pourquoi de cette crise.

La finance est consubstantielle au capitalisme, mais il est vrai qu’elle a atteint au cours des deux dernières décennies un degré de préemption qui lui donne un pouvoir exorbitant sur la marche de nos économies, cela conjugué à un contexte mondialisé. Nous avons effectivement observé sur cette période deux mouvements conjoints que furent la financiarisation de l’économie et le l’émancipation de la finance par rapport au pouvoir politique. Libérée du joug de l’Etat, la finance devait être capable de s’auto-réguler selon les lois du marché. Mais c’est justement là que la doctrine libérale a échoué. La finance s’est vue incapable de s’organiser d’elle-même. Tous les mécanismes qu’elle a mis en oeuvre pour lubrifier les mécanismes du marché se sont révélés inefficaces à empêcher la survenue de soubresauts critiques. La finance a échoué dans sa mission de régulateur du marché.

La question qu’il se pose et de savoir quelle modèle économique nous voulons. Souhaitons nous un modèle ultra-performant mais impossible à maîtriser dans les virages, ou bien un mécanisme fiable malgré sa piètre performance. Malheureusement, aucun système économique ne peut se targuer d’une fiabilité sans faille, de la même façon qu’aucun système mathématique ne peut modéliser la complexité du monde réel avec une précision infinie. Il existera toujours des évènements impondérables. Dès lors, nous devons accepter une dose de risque. Ce qui est condamnable dans le système actuel n’est donc pas le risque intrinsèque qui le caractérise comme il en serait de n’importe quel autre système. Ce qui est condamnable, c’est son incapacité à réagir face à une situation critique, certes imprévisible mais palpable. Ce modèle n’a pas su faire la preuve de sa capacité d’adaptation comme l’exigerait les lois de l’évolution.

Cela signifie-t-il qu’il faut renoncer au libéralisme et à la finance ? Le problème ne se pose pas en ces termes selon moi. Comme je le disais, la finance est consubtantielle au capitalisme, renoncer à l’un nous amènerait à faire une croix sur tout ce que le capitalisme à apporté de progrès à notre société. Quand au libéralisme, soyons clair, il ne s’agit pas de dénoncer le libéralisme économique qui promeut avant tout la libre entreprise et la préemption de la loi de l’offre et de la demande. En revanche, ce qu’il convient de remettre en cause, c’est la liberté du secteur financier à s’auto-réguler, car c’est là que la finance a échoué.

Je ne prétends pas apporter de réponse divine à la crise actuelle, j’espère seulement avoir contribué constructivement à la réflexion que ne manque pas de provoquer la crise actuelle sur la place de la finance dans notre société.

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1 Response to “Pourquoi la crise ?”


  1. 1 Frédéric Jouet octobre 8, 2008 à 10:25

    Le vote du RSA au plus fort de la crise!

    Décidément, nous n’avons rien compris à la systémie !


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